Le 6 mars, l'Office National des Forêts IdF Paris-Ouest (ONF) organisait une tournée forestière dans la forêt de Verrières, en présence de FNE-IDF et FNE National, des Amis du Bois de Verrières et de Chaville Environnement.
400 ha de la forêt sont sensibles au tassement selon le plan d'aménagement 2004/2023.
Au-delà des ornières profondes, du compactage et du scalpage du sol, ces pratiques peuvent affecter des zones plus vastes, rendant les arbres plus vulnérables au vent, à la sécheresse et aux canicules, et perturbant la vie microbienne du sol. Ces cloisonnements peuvent dégrader les zones sensibles, notamment sur le plateau, autour des mares et de leurs abords (parcelle visitée), déjà soumises à une hydromorphie importante. 🔗 Lire notre article sur les cloisonnements.
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| Cloisonnement et compaction du sol durant les travaux hiver 2024/2025, sur sol sensible au tassement |
- +44 % de coupes entre 1991 et 2005 (tempête Lothar) ;
- + 9 % entre 2004 et 2024 (coupes accidentelles), alors que l’accroissement des arbres diminuait.
| Extrait du comité de massif 2024 : gestion écoulée à Verrières |
Le
changement climatique et le ralentissement de la croissance des arbres
en augmentation devraient conduire à réduire les récoltes. Pourtant,
le nouveau plan 2025-2044 prévoit d’atteindre 100 % de l’accroissement
biologique annuel, en réduisant les intervalles d’intervention à 8-10
ans.
👉Une
gestion plus prudente permettrait au contraire à la forêt d’atteindre
une certaine maturité, d’abriter plus de biodiversité, de stocker plus
de carbone et de fournir plus de bois utilisable en bois d’œuvre –
contrairement à l’exploitation actuelle, qui favorise majoritairement le
bois-énergie.
Ces engagements restent en deçà des recommandations de l'IBP (3 gros arbres morts sur pied/hectares, 3 gros arbres morts au sol/hectare et de nombreux arbres-habitats).
En 50 ans, la forêt de Verrières subit un morcellement continu. Sur 563 hectares, 30 hectares (5%) sont occupés par les emprises au sol, notamment sous l’effet des infrastructures :
- l'A86 (1973-1978) : 24 hectares, créant une coupure entre Châtenay-Malabry et Verrières-le-Buisson ;
- le Tram 10 : 3,5 hectares, sans réelle compensation de proximité, en contradiction avec la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC).
- 42 km de routes et chemins ;
- 7 parkings, maisons forestières, centre équestre, ex CNRS ;
- réseaux haute tension, etc ;
La mare visitée dite de « de compensation » (parcelle 118) n’est pas un gain écologique : elle résulte une coupe d’arbres faite ailleurs pour compenser le tracé du T15. C'est un déplacement d’impact dans un espace naturel déjà existant. 🔗 Lire notre article sur la mare de compensation.
Les forêts domaniales franciliennes couvrent 72 500 hectares, au cœur d’une région densément peuplée (12 M d’habitants). Elles accueillent chaque année 110 millions de visites, dont +2 millions* à Verrières (*enquête Credoc 1999) ce qui témoigne de leur importance sociale et environnementale.
Elles fournissent des services essentiels (air, eau, carbone, biodiversité, loisirs) sans financement spécifique.
Le Contrat d’Objectif et de Performance (COP) prévoit pourtant le développement de partenariats pour les rémunérer. Une opportunité que l’ONF pourrait valoriser en lien avec les enjeux environnementaux et sociaux propres aux forêts urbaines en Île-de-France. L’article L212-2 du Code forestier ne précise t'il par que l’amélioration du cadre de vie constitue une priorité pour les forêts très fréquentées ?
Un appel à un véritable dialogue
Nous souhaitons que FNE-IDF maintienne un dialogue ouvert avec l’ensemble des acteurs concernés, et s’appuie sur les réalités de terrain. Voir son texte : Ambition pour des forêts vivantes en Île-de-France.



